Le Centre africain pour le développement équitable (ACED) a été créé en 2010 au Bénin par trois jeunes étudiants – Olga Abloutan, feu Donald Houessou et Fréjus Thoto – avec pour mission de contribuer à un développement plus inclusif et durable sur le continent. À ses débuts, l’organisation menait principalement des actions directes sur le terrain, notamment en soutenant l’entrepreneuriat des jeunes dans le secteur agricole et en mobilisant les communautés autour de l’adaptation au changement climatique.
En 2015, ACED a franchi une étape clé en lançant son premier projet majeur de recherche-action consacré à la pêche continentale, en partenariat avec le Centre for World Food Studies de l’Université libre d’Amsterdam et l’Université d’Abomey-Calavi. Les résultats de ce travail pionnier ont contribué à améliorer les stratégies de gestion des ressources halieutiques, à renforcer la résilience des communautés de pêcheurs et à clarifier le cadre réglementaire régissant la pêche artisanale.
Depuis cette première initiative structurante, ACED a développé et mis en œuvre de nombreux autres projets de recherche-action, consolidant son rôle de passerelle entre la production de connaissances, l’action communautaire et la formulation de politiques publiques favorables au développement équitable.
ACED adopte une approche intégrée et non linéaire qui relie étroitement recherche, politiques publiques et action sur le terrain. Cette démarche répond à un défi persistant dans les efforts de développement : malgré les investissements considérables consacrés à la recherche, ses résultats demeurent trop souvent éloignés des décideurs et des praticiens. Pour combler cet écart, nous avons mis en place des stratégies intentionnelles visant à faciliter l’appropriation, la diffusion et l’utilisation des connaissances. Par exemple, en constatant le décalage entre les priorités politiques et les résultats scientifiques, nous avons accompagné le gouvernement du Bénin dans l’élaboration d’un programme national de recherche sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle, afin de garantir que les futures études répondent mieux aux besoins des politiques publiques et des communautés.
Notre nouveau plan stratégique renforce cette orientation en privilégiant des initiatives qui questionnent les pratiques existantes et favorisent des solutions innovantes, concrètes et orientées vers l’impact. Nous nous attachons ainsi à transformer les résultats de la recherche en améliorations tangibles du développement. Convaincus de la pertinence et du potentiel de transformation de notre approche, nous avons progressivement étendu nos interventions au-delà du Bénin et du domaine des systèmes alimentaires, pour travailler dans d’autres pays africains francophones et sur de nouveaux enjeux, notamment l’emploi, l’égalité de genre et le bien-être.
Au fil de notre parcours, plusieurs enseignements clés ont façonné notre stratégie. Nous avons compris que l’influence sur les systèmes politiques repose sur un engagement patient, continu et ancré dans la durée. Des partenariats inclusifs se sont révélés indispensables pour co-concevoir des solutions durables et adaptées au contexte. Nous avons également appris que la décision publique efficace repose sur une diversité de sources de connaissances — scientifiques, institutionnelles, communautaires et empiriques — renforçant la nécessité d’écouter et de valoriser des perspectives multiples. Enfin, investir dans notre propre développement organisationnel en renforçant notre modèle financier, en attirant et en fidélisant les talents s’est avéré essentiel pour assurer la pérennité de notre mission et amplifier notre impact.