L'Afrique connaît une croissance démographique sans précédent : environ 60 % de sa population a moins de 25 ans (Forum économique mondial, 2023). Cette dynamique démographique entraîne une hausse de la demande alimentaire (FAO, 2019). Dans la plupart des contextes africains, les femmes et les jeunes jouent un rôle essentiel dans les trois piliers de la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle (SAN) : la disponibilité, l'accès et l'utilisation des aliments. L'Institut International de Recherche sur les Politiques Alimentaires (IFPRI) soulignait déjà en 2009 que les pays confrontés à une faim aiguë sont souvent ceux où les inégalités de genre sont les plus marquées. Réduire les écarts liés au genre et à la jeunesse dans l'agriculture pourrait contribuer de manière significative à la lutte contre la faim et à l'amélioration de la disponibilité alimentaire.
Face à ces inégalités, il est de plus en plus reconnu qu'intégrer efficacement les données sur le genre et la jeunesse dans les cycles de programmes et de projets est indispensable. Cette intégration est cruciale pour atteindre les objectifs de développement nationaux et répondre à des défis mondiaux tels que la SAN. Prendre en compte les perspectives de genre et de jeunesse dans les interventions de la SAN permet non seulement de favoriser un développement plus équitable, mais aussi d'en améliorer l'efficacité et la durabilité à travers l'Afrique.
Cependant, les perceptions du genre et du rôle des jeunes varient considérablement selon les responsables des interventions de la SAN, ce qui complique leur intégration dans les projets. En Afrique, des obstacles socioculturels, économiques et politiques freinent encore davantage cette démarche. Bien que ces enjeux soient abordés dans les politiques de développement depuis le milieu des années 1990, les défis persistent. La collecte et l'utilisation de données sur le genre et la jeunesse sont essentielles pour surmonter ces freins. Elles permettent d'identifier les besoins, les contraintes et les opportunités propres aux femmes et aux jeunes, en vue d'élaborer des interventions plus ciblées et plus efficaces. Sans ces données, les programmes risquent de passer à côté de facteurs clés, ce qui en limite l'impact. Pour relever les défis de la SAN en Afrique, des organisations publiques et privées mettent en œuvre des projets visant à renforcer les capacités et l'autonomie des communautés locales. La réussite de ces initiatives dépend largement de l'intégration des données relatives au genre et à la jeunesse.
Pour garantir cette intégration, en particulier dans les ONG africaines, il est urgent de renforcer les compétences des responsables des interventions de la SAN. Une enquête menée par l'USAID auprès de ses partenaires de mise en œuvre a révélé un besoin croissant de formation sur ce sujet. En réponse, ACED, avec le soutien financier de l'USAID via l'initiative GAYA, déploie un projet de renforcement des capacités des parties prenantes. L'objectif principal est d'identifier les meilleures stratégies pour collecter, analyser, utiliser et intégrer les données sur le genres et la jeunesses dans les interventions de la SAN. Ces stratégies seront rassemblées dans un manuel technique, puis transformées en un cours de formation en ligne destiné aux ONG africaines.
Cette revue systématique rapide, associée à des entretiens avec des informateurs clés, analyse les obstacles à cette intégration et propose des stratégies fondées sur des données probantes pour incorporer efficacement les dimensions genre et jeunesse dans les politiques, plans, programmes et projets liés à la SAN sur le continent Africain.