Ces dernières années, le Togo a fait des avancées en matière de production et d'utilisation des données probantes. On note la pluralité des acteurs, l’existence d’un cadre politique, stratégique et programmatique, des efforts pour le renforcement de capacités des institutions nationales et pour le développement des compétences des acteurs nationaux. De même, l’accompagnement des partenaires techniques et financiers ainsi qu’une culture progressive de l’utilisation des données probantes a` des fins de développement et de mise en œuvre des politiques ont été observés. Cette dynamique est orientée et encadrée par certains instruments clés dont le Document-cadre du système national de planification (2017), la Feuille de route gouvernementale 2020-2025 et la Stratégie nationale de développement de la statistique 2020-2024.
Plusieurs acteurs pilotent le cycle des politiques publiques au Togo, en agissant comme soit des producteurs, des utilisateurs ou des intermédiateurs de données probantes. Les ministères détiennent le lead et jouent un rôle central dans la production et la gestion des données, animant l'écosystème à travers leurs directions techniques et agences et collaborant avec des structures de recherche, des instituts de statistique et des cabinets privés. Les données produites sont partagées avec d'autres acteurs gouvernementaux et la société civile. Les organisations de la société civile collaborent pour soutenir la production et l'utilisation de ces données dans les politiques publiques, tandis que les agences des Nations Unies financent la production, diffusent les résultats et renforcent les capacités des acteurs.
La nature et l’intensité des interactions entre les acteurs varient d’un domaine thématique à un autre et sont fonction des processus politiques dans lesquels ils sont engagés. Il a été observé un manque de synergie et la non-existence d’un cadre de dialogue permanent entre ces acteurs autour des données probantes. Les interactions sont plutôt sporadiques au gré des circonstances et des processus politiques.
Au Togo, les défis de l’écosystème des données probantes et des politiques de développement comprennent entre autres : (i) des lacunes dans la disponibilité des données, (ii) la qualité des données remise en cause du fait de l’absence d’un dispositif d’assurance qualité, (iii) la diffusion de manière non accessible et utile aux utilisateurs, (iv) l’utilisation non optimale des données, ce qui ne permet pas d’éclairer les décisions politiques. Sur le plan institutionnel, il s’agit d’un déficit de capacités, de l’absence d’une culture de prise de décision fondée sur les données, le coût élevé des données et l’absence de redevabilité.
L’écosystème est également déstructuré, désarticulé et manque de synergie pour faciliter l’harmonisation des approches, outils et processus.
Des expériences innovantes de promotion et d’utilisation des données probantes dans les politiques de développement ont été identifiées telles que le développement d’un pôle d’utilisation des données numériques, l’expérience de Integrate health (Santé intégrée) des données au service de la qualité des soins , l’institutionnalisation du genre dans les ministères sur la base des résultats des audits genre, la budgétisation sensible au genre, des dossiers d’investissement (Investment case) comme instruments stratégiques d’aide à la décision et de plaidoyer, l’appui à l'établissement d'un système de suivi et d'évaluation orienté vers la prise de décision basée sur les données probantes (Ministère du Développement à la Base, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes).