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Potentiel et déficit d’arborisation de la ville d’Abomey-Calavi au Sud-Bénin

2024 Par: Chanceline TCHIBOZO-KEKELE, Rodrigue Castro GBEDOMON, Laurenda TODOME & Fréjus THOTO
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Les arbres confèrent de nombreux avantages environnementaux, sociaux et économiques en milieu urbain [1]. La présence des arbres dans les zones urbaines est cruciale pour atténuer les effets néfastes des changements climatiques en fournissant de l’ombre, en améliorant la qualité de l’air, et en accroissant le confort des espaces urbains [2]. Ces arbres contribuent également de façon positive à la santé mentale, en induisant le bonheur, réduisant le stress et la dépression, tout en favorisant de meilleurs résultats scolaires et la cohésion sociale [2]. Historiquement, l’arbre, perçu comme un protecteur répondant à presque tous les besoins humains, était vénéré
comme une manifestation de la présence divine sur terre [3].

En milieu urbain, l’arbre, façonne le panorama, du paysage des diverses architectures ou différentes structures qu’il s’agisse de parcs, de jardins, d’arbres d’alignement, de zones résidentielles, industrielles ou autres [4]. Cependant, les villes font face à des enjeux importants en matière d’arborisation, en raison de l’urbanisation accélérée et du développement accru des infrastructures, entraînant une diminution significative de la couverture végétale et des ressources naturelles. En tant que centres névralgiques de l’activité économique, les villes sont fréquemment pointées du doigt comme étant les principaux contributeurs aux émissions de gaz à effet de serre [5]. Selon ONU-Habitat, les villes représentent 78 % de la consommation énergétique mondiale et génèrent plus de 60 % des émissions de gaz à effet de serre, tout en couvrant moins de 2 % de la surface terrestre1. Paradoxalement, les impacts des changements climatiques sont plus sévèrement ressentis dans les quartiers de ville pauvres, défavorisés ou déshérités et à faibles revenus, exposant ainsi les populations urbaines les plus vulnérables à leurs effets néfastes [6].
Toutefois, les villes offrent de nombreuses opportunités pour élaborer et mettre en œuvre de nouvelles politiques et programmes visant à atténuer les changements climatiques [5]. À titre d’exemple, promouvoir la sauvegarde, la conservation ou l’expansion des forêts urbaines peut s’avérer politiquement plus réalisable que les initiatives à l’échelle internationale. Ces
forêts procurent des bénéfices immédiats tels que des économies d’énergie
et l’amélioration de la santé publique [7].
Par conséquent, il est nécessaire de disposer des informations sur le niveau de couvert arboré des centres urbains en plein essor afin d’apprécier leur capacité à promouvoir le bien-être des habitants et faire des ajustements au besoin. Ce suivi de l’évolution de la végétation au sein des villes devient de plus en plus essentiel afin d’orienter son aménagement durable et
garantir le bien-être des populations. Les techniques de télédétection et le Système d’Information Géographique (SIG) se positionnent comme des moyens particulièrement appropriés pour observer et acquérir des informations sur des terrains difficiles d’accès, ou présentant des dangers.
Elles permettent de surveiller l’évolution de l’état de la végétation en se basant sur des images satellitaires. Grâce à leur vaste couverture spatiale et à leur fréquence élevée par rapport aux photographies aériennes, les images satellitaires constituent des données privilégiées pour identifier les variations d’état au niveau d’une zone donnée.
La présente étude se concentre sur la ville d’Abomey-Calavi, et ambitionne d’utiliser les données probantes sur le potentiel et le déficit d’arborisation, pour informer et guider les efforts du conseil communal en matière d’arborisation dans la ville. L’étude s’inscrit dans le cadre de l’initiative de
« Renaturation de la ville d’Abomey-Calavi : vers une ville nourricière et biodiversifiée ». L’initiative est portée par la mairie d’Abomey-Calavi et la Direction Départementale du Ministère du Cadre de Vie et du Transport en charge du Développement Durable de l’Atlantique. Elle est exécutée par ACED avec l’appui, tant technique que financier du Programme des Petites Initiatives (PPI) du comité français de l’Union Internationale pour la
Conservation de la Nature (UICN).